La GRAND MERE.....

 

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Elle s'avancait , incertaine,  porcelaine craquelée, tellement fragile, si fragile qu'on aurait pu la briser...la petite Grand Mère.....Ses cheveux relevés en un lourd chignon la faisait ressembler à une madone espagnole dont le visage s'éternise dans un sourire.

Un brouillard d'azur voilait ses yeux, elle distinguait mal, la petite Grand Mère.....alors de ses mains diaphanes, elle tatonnait les cheveux ,les visages de ses arrières, arrières tout petits.

 

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Tableau du peintre Edouard Vuillard 1899

 

-Petite,tu t'es mal coiffée aujourd'hui...

-Petite, tu as maigrie....est ce qu'elle mange cette enfant...

Puis, elle atteignait, la jambe balbutiante, le fauteuil usé dans l'embrasure de la fenêtre.

 

Au delà de la vitre, le monde était à ses pieds, le soleil musardait sur le gazon, le cerisier centenaire,  chuchotait à son oreille des mots qu'elle seule pouvait entendre , ..... tous ces instants de vie si proches et si lointains....

 

Ce que j'aimais particulièrement, c'était le rituel du coucher....

 

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Le geste gracieux elle ôtait les grandes épingles qui retenaient son chignon, ses longs cheveux de neige se déployaient ondulants sur ses épaules, d'un  mouvement affectueux, elle les ramenait sur le coté du visage , les faisant ruisseler sur sa poitrine. Au creux de sa main, elle versait un peu d'eau de cologne, puis lissait et relissait sans cesse cette chevelure aux accents boisés,  avec la lenteur et la majesté de ce qui va finir un jour.

Elle n'était jamais allé chez le coiffeur, la petite Grand Mère, ses cheveux étaient sa seule coquetterie.

Chose étonnante, elle récupérait soigneusement les cheveux tombés sur ses genoux, elle les malaxait en une boule qu'elle mélangeait à la boule confectionnée les jours précédents. Cette boule devrait servir de support lors de la réalisation du chignon du lendemain.

Une coutume héritée de ses ancêtres espagnols

Une lourde tresse soyeuse apparaissait alors, cascade d'argent et de lumiére....le ruban  de tissu qui la retenait caressait négligemment sa poitrine.

Ainsi, elle regagnait son alcôve, claudiquante, charmante...son sourire malicieux disait " je vous ai bien étonné encore aujourd'hui!"

Je ne peux oublier cette femme qui m'a offert ce tableau d'une intimité à l'ancienne, cette femme aux rides éblouissantes qui ne cessa de naitre durant prés d'un siècle et que j'appelais "la petite mémé", .........elle .était ma grand mère...

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Tableau de Nathalie Maillot

......à bientôt.......

                                        MICJI